lundi 2 juillet 2012

Projet jeune : des nouvelles de Margaux (4)


Le vendredi soir, je suis partie à Arbole pour rejoindre mon ami Wily et les enfants. Dans le bus, avec Michèle on était trop fatigué mais on n’a pas pu s'empêcher de parler, de se raconter nos histoires... Tellement qu'on discutait et qu'on rigolait, je pensais avoir loupé l'arrêt. On a fini juste à l'entrée du village et Wily est venu me chercher. Je suis restée avec les enfants du centre. Yeah, ils étaient vraiment chouette, j'avais l'impression que ca leur faisait vraiment plaisir de me voir içi. Durant l'après midi, ils se sont teint les cheveux en noir et un des enfant avait du produit partout sur le visage. Je l'ai aidé à se rincer et un autre est venu me demander que je lui teigne les cheveux. Yeah, il n'avait pas peur. J'avais l'impression que ce qu'ils voulaient indirectement, c'était qu'une fille s'occupe d'eux. Ici ce n’est pas facile, les enfants sont éduqués à la vie dure. Un peu de tendresse? Pourquoi faire? Ca ne fait pas avancer le travail dans le champ. En tout cas, on a bien rigolé. Après quoi, on est parti au village chercher des condiments pour préparer un bon riz gras. Le soir, on s'est rendu dans un village voisin pour un bal poussiéreux. Là vraiment il y avait trop d'enfant et à peine arrivée un groupe se formait déjà devant moi. Tout le monde était tourné sur ma direction et personne ne parlait. Je change de place, je vais dire bonjour à des amis à Wily et automatiquement un autre groupe de forme. Je me suis sentie vraiment oppressé. Au moment de rentrer sur la piste, on s'est fait encerclé par eux. Ils commençaient à devenir de plus en plus nombreux et à se rapprocher de plus en plus. Je commençais à me sentir mal, ça avait dépassé le stade de mal à l'aise. Là c'était paniquant... Heureusement que Wily était là, on en rigolait même si c'était nerveux. Au bout d'un moment, je suis rentrée dans leur jeux et quand un groupe me fixait; je m'avançais très près d'eux, je les fixais et j'attendais. Certains se retournaient, d'autre partaient et quelque uns fuyaient. On rigolait bien en tout cas. On en a tiré la conclusion suivante :"Quand quelque chose te fait peur, il ne faut pas fuir mais aller à sa rencontre." Le soir même, sur la route je demande à Wily s’il a déjà rencontré un doso (un chasseur, un sorcier). Il me dit que oui et on commence à en parler. J'étais captivée, je voulais en savoir plus, comprendre, apprendre de toutes ses histoires qu'on raconte. Il me propose donc d'aller en rencontrer un le lendemain. On est parti lui rendre visite, on a discuté avec lui et au bout d'un moment il a souhaité exercer un rituel pour réaliser un de nos souhait. Est-ce que ca marche? Içi les gens sont mitigés. Certains y croient, d'autre pas et plusieurs personnes disent qu'il faut y croire pour que ca marche. Il m'a dit que j'avais le coeur bon, que c'est pour cette raison que ca va marcher quand je rentrerai en France…
 
Sinon, le samedi après-midi je suis partie au village à Tourouba. Un de mes frère, Arzuma, m'a invité à un autre bal poussiéreux. On est arrivé là-bas vers 16h, durant l'après midi c'est les tanti et tonton qui dansent en buvant le mil. Ouh, je vous assure, ils savent bien boire, bien danser et bien ambiancer. Les danseurs forment un cercle en mouvement continu, d'un côté les mama, de l'autre les tontons et après se sont les enfants. Les musiciens sont au milieu et ils marchent en jouant devant tout le monde. Bon, je suis arrivée j'étais mal à l'aise; bien que je commence à être habitué. Beaucoup de gens étaient réunis sur cette place et je me sentais bien bien observé... Ensuite, on a commencé à m'inviter à venir danser. Pas à l'aise du tout. Dans traditionnelle ? Jamais fait... Je sentais bien que pour m'intégrer je devais me lancer alors au bout d'un moment, même si j'avais trop les boules j'y suis allée. Au début j'étais avec les hommes et à la fin j'ai fini par danser à fond avec les tanti. Ouaaaa c'était vraiment la fête. A la fin, on dansait dans le village, les mama secouaient le foulard sur moi et je dansais avec elles. Nan, c'était vraiment incroyable et ça à beaucoup plu. Tout le monde venait me remercier, ils étaient très contents que je me sois intégrée. Le soir, ca s'est fini par le fameux bal poussiéreux ou c'est de la musique de tout les jours d'içi qui passent. C'est surtout un moment pour que les jeunes se rencontrent, s'amusent ect... Je vous envoie une photo de cette soirée et une autre photo qui représente le lendemain sur la route avec Arzouma...

 
 Au guidon là, c'est un très beau cadeau qu'on m'a fait pour me souhaiter la bienvenue... On est entrain de voir avec tanti si on ne va pas faire des poussins bien qu'on sait très bien qu'on va la manger d'ici peu.
 
Dans mon secteur, il y a une alimentation qui a ouvert depuis 3mois. Je passe devant plusieurs fois par jours et au fur et à mesure j'ai bien sympathisé avec les gérants. Depuis un moment je m'y arrête juste pour discuter, me poser avec eux et regarder les gens passer. Avec un des gérant, Alfred, on s'entend très bien. A côté du magasin c'est un musicien et un de mes premier soir, il m'avait apprit à jouer d'un violon burkinabé (j'ai oublié le nom de l'instrument). Depuis on a bien sympathisé. L'autre soir, on est parti au cinéma. Ah ça, c'est vraiment bien. Il y a un cinéma dans le centre qui s'appelle le Ciné Palace. Son atout? C'est le plein aire. Ah vraiment, c'est super de pouvoir regarder un film dehors. Ce soir là, on était tombé sur un film indien. Heu, je ne veux pas dire mais c'était tellement nul. On en pouvait plus de rigoler de l'absurdité du film. Dites-vous qu'on est même parti avant la fin. En tout cas, on avait bien rigolé. Sinon, quand je passe au magasin pour acheter quelque chose, on commence à parler et on s'arrête plus. Le temps passe, passe, on parle de tout et de rien et j’arrive jamais à partir. Je suis contente parce qu'on est des bons amis et que ca me fait du bien de partager des histoires avec quelqu'un. L'autre jour, on disait pour rigoler que je pouvais travailler avec lui et finalement c'est ce qui s'est passé hier soir, on a bossé ensemble quelques heures. Ca permettait aussi de les aider en remplaçant une fille car ils font des journées de 7h à 23h. En tout cas, c'était vraiment marrant avec les clients, ils demandaient tous si je travaillais vraiment là. On espère que ça les ferra revenir acheter quelque chose.
 
Et sinon comme cadeau pour mes deux mois au Burkina j'ai reçu: le palu. Ca faisait un bon moment que j'étais fatiguée et j'ai commencé à avoir des vertiges et la vision trouble. Ducoup; vendredi pendant le service, c'était pas ça==> Goutte épaisse. Résultat: Positif. Dr Zala m'a prescrit un antipalu pendant 2jours et j'ai loué une chambre dans un batiment de la clinique qui sert à acceuillir les chirurgiens occidentaux lors des opérations. Il y a un bon lit, une clim, une douche, des toilettes et même une cuisine pour que je prépare mes légumes. Ah vraiment c'est le confort et donc depuis vendredi soir, je passe mon temps à dormir et manger un peu un peu. J'ai du oublié 2 ou 3 fois de prendre l'antipalu et avec la fatigue les moustiques m'ont pas loupé. Bon c'est comme ça, heureusement je ne l'ai pas en sévère. J'ai juste une grosse fatigue avec quelque symptomes mais rien de bien bien méchant. Ducoup, je sais pa si je vais quand même partir au Togo la semaine prochaine... vu mon état, ça risque d'être annulé, voir reporté.
 
Voilà voilà, des nouvelles toutes "fraiches" d'içi. Et chez vous?
 
 
Bises, Margaux

jeudi 21 juin 2012

Témoignage de Abdou Dramane Ouedraogo, chef du service culture et sport de la ville de ouahigouya en mission du 27au9 juin


"j'ai séjourné du 27 mai au 9 juin 2012 à chambery dans le cadre d'une mission de service culture et sport grâce à la coopération chambery Ouahigouya.
j'ai été très bien reçu par le personnel de l'association chambery-Ouahigouya. je n'ai pas eu de difficultés pour mon logement et ma restauration.
le programme de séjour a été bien chargé. j'ai rencontré des personnes très sympathiques et disponibles avec qui j'ai eu des échanges sur la culture et le sport.


j'ai appris beaucoup à travers ces entretiens. cette mission contribuera énormement à améliorer mes prestations de service. je ferai des inovations dès mon retour dans mon service.
ce qui m'a beaucoup touché c"est la gentillesse des personnes que j'ai rencontrées à chambery. chacune est prête à partager ses connaissance dès que je manifeste le besoin. le dynamisme de l'équipe des salariés de l'association chambery -Ouahigouya est à saluer. je retiens de ce voyage l'amour des Hommes. Quand on aime on est prèt à tout donner. j'ai été aimé et moi je puis vous assurer que je vous aime tous.
Merci Merci Merci"
Abdou Dramane Ouedraogo

Objectifs globale de mission :

-      Découverte du Contexte, de la ville de Chambéry
-      Rencontres avec des acteurs locaux intervenants dans le domaine de la culture et du sport à Chambéry
-      Échange et réflexion autour de la place et du rôle d’une collectivité française dans l’accompagnement d’une dynamique culturelle et sportive sur un  territoire.
-      Préparation du festival ZOODO et LAFI BALA


Rencontres effectuées :

- Elus culture et sport : Jean Pierre Ruffier, Yves Barboussat
(Politique de la ville en terme d’accompagnement des acteurs et d’équipement culturel et sportif )
- Chefs de service culture animation et sport : Véronique Fontaine Atlan, Christophe Valentino (Traduction des orientations politique en terme de projets de service. Contraintes et avantages de l’accompagnement municipal, gestion subventions, aspects pratiques..etc)
- Contexte culturel départemental  : Anne Bernhard CG 73
(Présentation de l’état des lieux quantitatif, qualitatif et des préconisations menées par le conseil général en octobre 2011 sur le paysage culturel départemental.)
- Techniciens municipaux : Médiateurs culturel Scarabée,  intervenants sportifs,
- Etablissements culturels municipaux ou affiliés : cité des arts (directeur et agents)
-  Acteurs culturels conventionné avec la mairie : APEJS, MJC
- Autre expériences municipale : Municipalité de la motte Servolex
 - Intégration dans l’équipe d’organisation du marché de continents
-     Participation à l’organisation d’un concert a la soute 
- Participation au CA : présentation du programme culture + zoodo
- Participation à la reunion de préparation Zoodo
- séances de travail technique avec équipe technique de la coopération :

 

lundi 18 juin 2012

Photos de l'assemblée génerale du 15 juin 2012

L’assemblée Générale Ordinaire de l’association Chambéry-Ouahigouya s’est déroulée le vendredi 15 Juin 2012 à la Salle Municipale de la Bisseraine. L’ensemble des activités menées dans le cadre de la Coopération décentralisée de la Ville de Chambéry avec la Ville de Ouahigouya (Burkina Faso) ont été présenté. Les élections du nouveau conseil d’administration ont eu lieu.
 A l’issu de cette rencontre, les membres se sont réunis d’un barbecue convivial.
Le bilan des activités est disponible sur demande.

















mercredi 6 juin 2012

le marché des continents : Rendez vous dans deux ans !

© Gilles Garofolin

C'est un micro-climat qui s'est installé sur le Jardin du verney Vendredi et samedi dernier. "Une fenetre meteo" idéale puisque la pluie orageuse de samedi soir ne s'est mise à tomber qu'une heure apres le dernier spectacle.

Pendant deux jours, le public chambérien s'est complétement approprié son jardin. Près de 10.000 visiteurs se sont retrouvés pour découvrir les 99 associations à vocation internationale (représentants 42 pays) , participer aux 20 concerts et spectacles organisés, écouter les conférenciers de la "tente à palabres" ou encore pour déguster des spécialités du cambodge, des comores, du sénégal, du maroc, d'allemagne, du japon et de bien d'autres contrées... Les associations participantes se sont mobilisées comme jamais pour accueillir les visiteurs.
Près de 5000 personnes se sont regroupés pour participer aux concerts de vendredi et de samedi soir. Nabil Baly Othmani, Soleya, Gadjenko et La Chiva Gantiva ont réussi à captiver l'attention du public et les ont transportés en Colombie, dans le desert sud-algérien, quelque part en Europe de l'Est en passant par l'andalousie.

Rendez vous dans deux ans pour la 17ème édition !
Merci à tous les participants et partenaires et surtout un grand merci au public !

Un partenariat fructueux au profit des populations

1991 – 2012. Cela fait plus de 20 ans que la commune de Ouahigouya est en coopération décentralisée avec Chambéry, une ville du Sud-Est de la France. Un partenariat qui a permis aux deux parties de mieux se connaître pour mieux s’entraider. De nos jours, le chapitre des réalisations vient de s’enrichir avec deux grands projets : un Programme eau au profit des 37 villages de Ouahigouya et l’Appui à la mise en œuvre de la politique culturelle de la commune de Ouahigouya.


« Le problème d’eau est une réalité dans nos villages malgré les efforts de l’Etat et de la commune. Ce nouvel élan de solidarité vient enlever une épine de notre pied. Nous ne tarirons pas d’éloges à l’endroit des généreux donateurs. De nombreuses familles souffrent, surtout les enfants, de maladies diverses d’origine hydriques parce que ayant consommé de l’eau sale » Paroles de Ouédraogo Mariam, au nom de toutes les femmes des 37 villages bénéficiaires du programme du Programme eau. C’était dans le village de Youba, le samedi 25 février 2012, lors du lancement officiel du programme. Ces paroles traduisent toute la réalité des problèmes que rencontrent les populations de la commune dans la quête de l’eau potable. Dans la ville, les robinets sont secs. Aux villages, beaucoup de puits, s’ils n’ont pas encore tari, restent tout de même avares en eau. Le programme Eau de Chambéry est donc la bienvenue. Le premier adjoint au maire de Ouahigouya s’en réjouit : « Premières à se lever et dernières à se coucher, les femmes finissent elles-mêmes par tomber malades. L’apport de Chambéry dans ce programme est vraiment une délivrance ».
Réalisation de forages neufs dans les 37 communes de la ville; organisation de séances d’animation dans les villages ; renforcement de la capacité de maîtrise d’ouvrage communal dans le domaine de l’eau potable. Ce sont là, les principales activités du programme d’approvisionnement en eau potable de la commune de Ouahigouya. Il est également prévu dans sa mise en œuvre des réhabilitations d’anciens forages, la constitution d’associations d’usagés de l’eau (AUE) et la mise en place suivie de la formation d’une équipe d’animation.
La coopération décentralisée Chambéry Ouahigouya est très souvent citée en exemple. Elle est particulièrement dynamique et touche plusieurs domaines socioculturels et économiques à Ouahigouya. Cette amitié entre deux territoires du Nord et du Sud fait parler d’elle à l’internationale à travers le fameux Festival Lafi Bala qui met en lumière les potentialités culturelles du Burkina Faso.

 La commune de Ouahigouya, avec toujours l’accompagnement de Chambéry, a décidé d’instituer une activité culturelle de l’envergure de Lafi Bala : le festival Zoodo. Il est prévu pour se dérouler du 1er au 4 novembre 2012. « L’organisation est participative. Nous avons mobilisé plusieurs sensibilités différentes pour sa réussite. Il s’agit notamment des agents de la ville, des associations, des artistes, les médias, la sécurité, la santé et le ministère de la culture à travers sa direction régionale. En ce moment, les préparatifs vont bon train » relève le 1er adjoint au maire de Ouahigouya avec satisfaction puis de préciser que le projet en pleine élaboration séduit par la richesse des activités prévues au programme. « Le festival Zoodo n’est pas un calque de Lafi-Bala, nous voulons lui donner une identité propre à Ouahigouya. En plus du marché d’expositions d’œuvres d’art, du concert géant, les animations en plein air, les arbres à palabres, la buvette, le maquis, nous comptons inclure une excursion touristique, une compétition culturelle et sportive avec les scolaires ». Seulement, des difficultés ne manquent pas. « Nous ne sommes pas habitués à des organisations de festivals. Il y a un certain nombre de fonctions qui devront être confiées à des spécialistes, dans l’organisation » explique Issiaka Sawadogo, Coordonnateur de l’association Chambéry – Ouahigouya.

David-Hiver Ouédraogo ( chargé de communication de la ville de Ouahigouya)

mardi 29 mai 2012

les retours du we S’ouvrir au monde - Préparation à la rencontre solidaire : week-end Jeunes


"Au début de ce weekend, nous ne savions pas à quoi nous attendre. Ces deux jours se sont finalement révélés très enrichissant pour nous.
A travers les différentes activités, nous avons pu nous remettre en cause, mieux appréhender nos craintes et nos peurs et prendre conscience de nos préjugés. Les échanges avec les autres groupes, dans une ambiance toujours excellente, et les temps de pause ont fait évoluer notre approche du projet de départ.
Un grand bravo et merci aux animateurs ainsi qu'aux intervenants pour l'animation et l'ambiance."
Cordialement
Manoël Devis, Marie Nénert, Emeline Fonteneau

  ‎"Un weekend permettant de se plonger dans son projet et d'en découvrir d'autres. Une préparation au départ instructive et sympathique." Voili pour moi !

Marc-Antoine


 ‎"J'ai adoré ce week-end que je juge indispensable pour les voyages de jeunes dans un contexte de solidarité. C'était vraiment génial, l'ambiance était tout à fait conviviale. On s'est fondu dans notre projet tout en en découvrant d'autres, ce qui nous donne envie de partir et de voyager. Merci aux animateurs !"
Laure-Anne

‎"Le week end était super, l'ambiance aussi. J'ai vraiment passé un super bon moment. La préparation aux voyages était très instructive et m'a permi de prendre conscience d'un tas de truc. Résultat : j'ai encore plus envie de partir !"
Cerise 

Le week-end s'ouvrir au Monde a vraiment été un moment génial pour moi : j'ai appris pleins de choses, fait des rencontres et il y avait une super ambiance ! J'espère avoir l'occasion d'y retourner. De plus, il m'a donné des idées pour mon métier plus tard, car ce week end m'a donné envie de travailler dans l'humanitaire, la solidarité internationnale et de faire des voyages. Le jeu que j'ai préféré, c'est le débat mouvent : j'ai trouvé les questions super intéressantes et le débat passionnant ! J'espère que vous referez ce jeu la prochaine fois ! :)
Jeanne

mardi 22 mai 2012

Projet jeune : des nouvelles de Margaux (3)


Ca fait un peu plus d'un mois que je suis là et je commence à m'habituer petit à petit à la vie d'ici. Je commence à ne plus voir la différence de peau, appart quand je vois les autres françaises ou je me dis "Wouhaaa, elles sont éblouissantes", surtout quand elle vienne d'arriver sur le sol Burkinabé. Dans mes débuts dans la rue, sur la moto, aux maquis, au marché ect… j’étais flattée quand les enfants me faisaient des signes, qu’on me saluait élégamment quoi quoi quoi. Ensuite, au bout de 2-3 semaines ca m’à énervé. Je voulais m’intégrer et sa me rappelait que je suis toujours une étrangère, une nassara. Pis bon, à chaque fois répondre, faire des sourires…toute la journée ca comment à faire beaucoup. Le temps passe, je commence à y prêter moins d’attention et inversement, j’ai l’impression qu’on me regarde moins, qu’on me salue moins. Lorsque ses situations se présentent, je réponds simplement ou je laisse passer. Enfin voilà, une évolution quoi:-)
 
Au début, certaines choses me choquaient comme l'absence de poubelle et lorsque tu veux jeter quelque chose, c'est à même le sol. Les premières fois, je gardais tout dans mon sac, je me faisais des poubelles dans ma chambre chez tanti. Impossible de jeter par terre. Blocage psychologique. Mais bon, petit à petit je commence à prendre cette habitude et je le fais sans trop culpabiliser.
Ici, c'est par terre la poubelle et comparé à ce qu'on pense, on marche rarement pied nu, c'est toujours avec des tongs car le sol est considéré comme sale et il l’est vraiment.
 
Aujourd’hui il m’est arrivé une histoire imprévue et je souhaitais vous la faire partager. Vous savez, la mama qui est sourde, elle est venue faire un contrôle à son bébé à la clinique. On se salue, je me pose à côté d’elle, avec le temps je me suis un peu habitué à se manière de s’exprimer et on commence à papotter. Elle m’explique qu’elle est venue ce matin à pied et qu’elle va bientôt rentrer à son village qui se situe à 10km comme ça de Ouahigouya. Il ne faut pas oublié que la grossesse de cette mama est à terme. Pour moi c’était inconcevable de la laisser partir à pied « ici c’est comme çà, les femmes ont l’habitude ». Je lui ai proposé de la remorquer sur ma moto. Il était 11h  quand on à quitté la clinique et dès la sortie, elle me demande de s’arrêter et elle se dirige vers un garage vélo. Elle revient elle le sien ; je ne comprenais pas. Après une discussion, j’ai plus ou moins apprit qu’elle était venue avec mais qu’elle était tombé et que maintenant son vélo était gâté et qu’elle devait marcher à côté. Je ne savais plus quoi faire. On commence à monter à deux sur ma moto pendant qu’elle tenait le vélo. Au bout de 100 mètres on se rend bien compte que ce n’est pas possible et qu’à chaque accélération ou ralentissement on risque de tomber. Du coup, elle décide de reposer le vélo au garage et elle viendra le rechercher à la prochaine consultation. Petite info entre parenthèse, à côté du réparateur, il y a le boutiquier. Je viens régulièrement là-bas acheter des sachets d’eau, des galettes, discuter, rigoler, passe un moment. Pour en revenir à mon histoire, quand on était au niveau du garage, le fils de la boutiquière vient vers moi et se propose de nous accompagner. Tous, ils voyaient bien qu’on n’arrivait pas à partir sereinement. Faisal, c’est son nom. Il s’est proposé de prendre le vélo pendant que je remorquais mariam et de nous rejoindre au village. Ainsi, on est parti et on a rejoint le gourdon. Enfin, pas très longtemps car rapidement la route se transforme en piste rouge. C’est une voie en gravier avec plus ou mois de bosse ou de creux. A peine 1km passé que le désert s’installe tout autour de nous. Il n’y a rien appart le sol sec, des arbres très fin et très bas à un intervalle de plusieurs mètres. Seul le chemin nous indique que la vie ne se situe pas très loin. Après une demi-heure de piste rouge, elle me dit de tourner à droite, là ou il n’y a vraiment rien. Seulement 2-3 marques de vélo ou de moto nous indiquent le chemin à prendre et on continue tout droit.
Toujours tout droit. On avance et je n’aperçois aucun village, rien que le désert…Si quelque chose devait nous arriver à ce moment là...on serait vraiment mal. Après un certain temps, on arrive dans son village, on descend de la moto et les salutations commencent. A peine quelques minutes passé que nous sommes entourés par des enfants. Certains ont peur, d'autre vienne me toucher. Les mama viennent me saluer, me parler en morré.... Bon, on n’est jamais trop à l'aise dans ce genre de situation. Chacun se fait les salutations, on attend un peu, on s'assoit boire un peu d'eau, on remercie en saluant une deuxième fois et entre tout ça tu souris un peu gêné. On est parti un peu plus loin retrouver Faisal et nous sommes rentré en moto à Ouahigouya. Sur la route, il m'avoue qu'il n'avait jamais parcouru un si long trajet en vélo. Pour le remercier, je l'invite à manger. Il me raconte un peu sa vie. Il a 17ans et fréquente la classe de 5ème. Quand il était jeune, il habitait chez son oncle et il travaillait comme mécano pour une comagnie de bus. Au bout d'un certain temps, il retourne chez sa mère à Ouahigouya pour fréquenter l'école. Là, il est sur un projet pour travailler comme contrôleur de ticket dans un bus en Côte d'Ivoir. Il avait l'air content quand il me racontait cette nouvelle alors on va espérer que ça va marcher. 

(...)
 
Au travail, ça se passe très bien. Je suis toujours en pédiatrie, je donne un coup de main sans avoir la responsabilité de l'infirmière. Avec l'équipe c'est super. On discute beaucoup, on se fait les blagues...bon, on parle aussi travail. Hier après-midi, il faisait chaud, on transpirait sur place mais ca restait supportable grâce au petit vent. Un collègue me dit qu'il fait 45°... Aujourd’hui, je suis partie rendre visite au responsable de l'association Chambé-Ouahi. Il y avait la clim dans son bureau, il faisait frai et j'avais un peu froid. Je regarde le thermomètre et j'aperçois 29°. Yeah, quand je vais rentrer en France, je risque d'attraper un rhume.
 
 
Voilà quelques nouvelles d'ici .
 
 
Margaux